Le blog de Jean-Marc Ben

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Eva Joly

Fil des billets

dimanche 12 février 2012

Un meeting d'Eva Joly mémorable !


177b.jpg

Extraits de quelques articles de presse


NORD ECLAIR

Au simple comptable, le premier meeting d'Eva Joly restera une réussite. « Quand je vois cette salle, je me dis que certains doivent ajuster leurs radars », lance-t-elle au pupitre, sans notes, pour un discours au cours duquel elle aura fait largement feu sur Nicolas Sarkozy, « mal placé pour nous parler des valeurs », et décliné ses principales propositions.
« De toute façon, il faut s'automotiver envers et contre tout », souligne Marine Tondelier, la jeune candidate écolo aux législatives à Hénin-Beaumont. Elle avait voté Hulot l'an dernier. Alors, « oui, on ne va pas dire que la campagne est du feu de Dieu. Mais en Finlande il y a quelques semaines, personne n'avait prédit qu'un écolo serait au 2e tour. Les miracles, ça existe en politique et on se raccrochera à ça jusqu'au 22 avril »...
Un peu plus tôt, Cécile Duflot, en verve, avait, elle, remis les pendules à l'heure : « Nous sommes dans un moment particulier où l'on doit à la fois faire campagne mais aussi indiquer aux pisse-froid et aux "casse-couilles" que nous n'allons pas arrêter »... « C'est le syndrome de la présidentielle, de la personnalisation, qui ne nous convient pas. On s'y est toujours pris des gamelles », rappelle Marie-Chrsitine Blandin. Avant de faire remarquer que « faire la démonstration, sans petites phrases, que la mouise dans laquelle se trouvent les gens ne se résoudra pas par les mêmes solutions productivistes portées par le PS et la droite, mais par une conversion écologique, c'est pas très sexy. Ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas le faire ! »...
Pour Marine Tondelier, « c'est surtout l'attitude dégueulasse des autres partis qui rejettent tout ce qui ne leur ressemble pas » qui sape la candidature Joly. « Le problème, estime Sandrine Rousseau, vice-présidente du conseil régional, c'est que l'écologie ne se résume pas aux slogans faciles des autres, "les immigrés dehors" , "produire français"... Le problème c'est que jusque-là on ne l'a entendue que sur des petits bouts de phrases ». Même analyse du côté du Lillois Éric Quiquet. « La campagne commence aujourd'hui à Roubaix. Pour Hollande, il y a eu un avant et un après Le Bourget. En plus, notre électorat se rend bien compte maintenant qu'il n'y a plus de risque que le PS ne soit pas au 2d tour et va vouloir donner du contenu à l'alternance ».

LE MONDE

La musique du Cabaret Constantine-Paris-Roubaix a chauffé l'ambiance du meeting. Arnaud Van Lancker et Areski Dries ont relancé la musique chabi, la chanson populaire arabe, amenée à Roubaix dans les années 1950 par les travailleurs immigrés. "Le meeting était organisé par le staff parisien d'EELV, mais nous avons voulu ajouter une touche joyeuse convenant à l'esprit du Nord,explique le militant de Villeneuve-d'Ascq, Xavier Hardy. C'est ce qui donne ce côté à la fois strictement professionnel, avec des cars régies, qui a tendance à devenir un peu trop la règle pour tous les partis politiques, et malgré tout un aspect festif. On a joué des coudes pour introduire notre point de vue, mais le mixte a pris !"

Philippe Vervaecke, un militant syndical "non encarté dans un parti", a résumé l'impression générale : "Eva Joly n'est pas une oratrice, mais je me retrouve dans son message. A quoi bon les trémolos et les allures de tribuns que prennent les autres candidats ? Elle a parlé d'une manière posée, elle a dit l'essentiel, enfin un discours naturel ! Et puis des orateurs comme Noël Mamère l'ont précédée. Mais j'ai surtout apprécié la parole donnée aux représentants d'associations, commeThalia Breton d'Osez le féminisme, ou Christophe Robert de la Fondation AbbéPierre : c'est à cela que l'on sent la proximité de ce programme avec la société française." Le meeting voulait apporter un démenti à ceux qui voyaient la candidate d'EELV en perte de vitesse, sinon de contrôle. Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, s'est moquée de ceux "qui semblent se préparer àélire un pape et scrutent les boutons de guêtre"...

MEDIAPART

«Je vous en supplie, faites en sorte qu’on soit encore là le 22 avril et qu’on le voie dans les urnes», a lancé le porte-parole Pascal Durand. «Il faut montrer que nous sommes des écologistes heureux», a abondé Philippe Meirieu, le président du conseil fédéral du parti. «N’ayez pas peur de passer pour des cons, soyez fiers de votre projet», a dit Noël Mamère. «En avant, jusqu’au bout avec toi», a promis Dominique Voynet. Sergio Coronado, responsable de la communication de la campagne : «La famille est là pour dire que nous avons une formidable candidate.»...

LIBÉRATION

L'objectif est désormais de dépasser la barre des 5%. L'heure est donc à la mobilisation dans un contexte difficile. «Sarkozy veut regagner dix points. Et nous trois. C'est possible en 70 jours de campagne. On va faire passer nos messages avec l'égalité du temps de parole. Et on va avoir les spots de campagne», assure avec gourmandise Denis Baupin, candidat aux législatives à Paris...
Figure écologiste locale, la sénatrice Marie-Christine Blandin cite un vers du poète René Char déjà utilisé par Ségolène Royal (ce qui n'est pas forcément un porte-bonheur électoral): «Impose ta chance, sert ton bonheur, va vers ton risque. A te regarder ils s'habitueront !»...
16h25. C'est la cohue lorsqu'Eva Joly fend les travées, bras-dessus bras-dessous avec Cécile Duflot. Au micro c'est Sergio Coronado son porte-parole et directeur de la stratégie qui joue au monsieur Loyal. «Une campagne c'est difficile», martèle-t-il avant de rappeler que «ce moment démocratique, ce ne sont pas les éditos, les enquêtes d'opinion et les sondages qui le font. C'est la capacité à apporter des idées. Et cette capacité, Eva, tu l'as», auto-affirme-t-il. Façon de s'extraire du «torrent de boue» qu'il estime dirigé contre la candidate...
A la tribune, Michèle Rivasi, sa porte-parole, rappelle en quoi le «vote juste» –slogan de la candidate– est un vote utile. «Nous les Verts nous ne voulons pas prendre le risque d'un nouveau Fukushima. Nous on veut arrêter le nucléaire en vingt ans. Et pour cela il faut qu'Eva Joly ait un score mémorable.» Dans sa vidéo José Bové insiste lourdement sur le fait que la candidature de Joly ira jusqu'au bout : «Eva est notre candidate, on aime Eva et on se mobilise tous.»
pières à Joly avec sa planification écologiste: «Monsieur Mélenchon on peut être contre l'Europe, contre la mondialisation, mais à ce moment là on n'est pas pour la vente de Rafales en Inde.» Dominique Voynet cible Nicolas Sarkozy et ses «porte-flingues»: Nadine Morano, qui a raillé la candidate écologiste et son «problème d'accent, de physique et de communication». L'ancienne candidate à la présidentielle fait de la calinothérapie: «Nous sommes fiers de ton accent, de tes mots, de tes idées, Eva» qu'elle qualifie de «fière, belle et droite» sous les vivats...
Eva Joly s'attaque ensuite aux déclarations du président de la République dans le Figaro Magazine. «Travail, responsabilité et autorité. De quel droit Nicolas Sarkozy s'attribue ces valeurs!», dit-elle rappelant qu'il y a 4 millions de chômeurs en France et que la proposition de référendum du chef de l'Etat n'a pour objet que de les faire passer pour des fainéants. L'ex-juge instruirait-elle le bilan de Sarkozy? «Il a démantelé l'école, la justice, les hôpitaux. Sa politique fiscale a été catastrophique. Il a pris la responsabilité de faire des cadeaux à ses copains, les riches», attaque-t-elle.
Elle se montre plus percutante sur la mise en examen d'Eric Woerth «pour recel d'abus de faiblesse. On vise par là le fait d'avoir obtenu des fonds de la part de Madame Bettencourt. C'était évidemment pour financer la campagne électorale» de Sarkozy en 2007. Alors que les ténors du PS ne semblent guère enclins à réagir depuis mercredi soir, Eva Joly est bien décidée à ne pas lâcher l'affaire. «Il est mal placé pour nous parler des valeurs. Nous n'allons pas nous laisser faire.»
Eva Joly raconte les mères et les parents qu'elle a rencontré à l'automne lors de son voyage à Fukushima, désespérés parce qu'ils craignent une contamination au cesium de leur nourriture. Elle raconte ensuite sa visite dans une papèterie normande. Puis le cas d'Eléphant qui veut se reconvertir pour faire du thé écolo à Marseille...
«Je vous raconte ceci, car je veux créer un outil: un droit de préférence, une obligation de vendre», pour les propriétaires lorsque des repreneurs se manifestent...
«L'écologie c'est la solution pour l'emploi. (...) La santé», énumère-t-elle en illustrant chaque slogan par une proposition concrète. Contre les scandales sanitaires? La class action (possibilité pour les victimes d'engager des poursuites groupées). «Nous voulons une agriculture paysanne. Nous voulons d'ici cinq ans, 100% de bio dans toutes les cantines.» ...
«Mes valeurs à moi, c'est pas compliqué, c'est liberté, égalité, fraternité.» Il faut abroger les peines plancher, propose-t-elle. «La scène se déroule au palais de justice de Paris. Un jeune qui a volé deux bouteilles de shampoing et les a restituées prend un an de prison ferme. Et dans la salle d'à coté, Charles Pasqua, vous savez le délinquant. Il s'est fait payer le fait d'autoriser un casino à Annemasse. Et il prend un an avec sursis», incrimine-t-elle...
Après 40 minutes elle conclut. «Je sais que certains d'entre vous hésitent encore pour leur vote du 22 avril à cause du 21 avril 2002. Je voudrais souligner combien la situation est différente. En 2002 Lionel Jospin ne faisait pas campagne, il était Premier ministre. Il ne suffit pas de chasser Nicolas Sarkozy de l'Elysée, il faut donner du sens à ce changement. Ce sens c'est nous, les écologistes, qui le portons. Votez avec le coeur, votez juste», conclut-elle...

LE PROJET D'EVA JOLY POUR LA TRANSITION ECOLOGIQUE

DIAPORAMA DU MEETING

Eva Joly invitée du Grand Jury RTL (cliquez ici)

lundi 6 février 2012

Eva Joly à Roubaix le 11 février 2012



Eva.png

Eva Joly a choisi le Nord-Pas-de-Calais pour lancer sa campagne et présenter son programme pour 2012.


Eva Joly, Cécile Duflot et de nombreux "ténors" de l'écologie politique seront rassemblés le samedi 11 février à Roubaix.


Des bus seront affrétés depuis les régions. N'hésitez pas à vous mettre en relation avec Europe Ecologie-Les Verts Calais et Environs par email europeecologielesvertscalais@gmail.com ou en téléphonant au 06 32 82 17 56 ou au 03 21 97 38 98 ou au 06 62 47 70 94 pour l'autobus qui partira vers 13h30 de Calais du parking du Channel Bd Gambetta.


Dans une salle surchauffée et autour de notre candidate, nous serons rassemblé-e-s pour faire valoir les propositions écologistes et faire basculer cette campagne présidentielle en faveur du vote juste !




evadon.png


vendredi 20 janvier 2012

Eva Joly "Remettre l'école au centre du combat pour l'égalité"


joly1.jpgPour la candidate d'Europe Ecologie Les Verts, il est urgent de lutter contre le stress à l'Ecole. Pas seulement pour améliorer la qualité relationnelle dans l'Ecole mais aussi parce que c'est une étape vers plus d'égalité. Eva Joly souhaite créer 20 000 nouveaux postes d'enseignants dans les quartiers défavorisés. Elle veut lancer des "Etats Généraux de l'Education" pour refonder l'Ecole. Mais sa signature se retrouve particulièrement dans l'idée d'assouplir le rapport à l'école. "De 16 à 25 ans, je veux que chacun puisse facilement interrompre ou reprendre son parcours. Les jeunes français sont parmi les plus stressés du monde : ce stress est lié à l'absence de droit à l'erreur. Je veux donner le droit à l'erreur, le droit de rater, le droit de recommencer. Je veux donner le droit de partir, de travailler, de vivre une expérience personnelle grâce à l’éducation populaire, et de revenir".

Lire l'interview d'Eva Joly réalisé par "Le café pédagogique"

"Le café pédagogique", toute l'actualité pédagogique sur Internet

lundi 28 novembre 2011

Les écologistes, le nucléaire et le plat de lentilles


Par DOMINIQUE VOYNET maire de Montreuil (Europe Ecologie- les Verts) et ex-ministre de l'Environnement


016c.jpgLa messe est dite. Les écologistes auraient, selon divers commentaires, troqué leurs convictions contre des circonscriptions, leur vertu indignée contre des sièges de députés. Hier désintéressés, les voilà d’un coup transformés en politiciens sans foi ni principe. L’argument ? Dans l’accord conclu entre les socialistes et les écologistes ne figureraient pas la sortie du nucléaire et l’abandon de l’EPR de Flamanville (Manche). Examinons donc, sereinement, cette interprétation des choses.

Il est d’abord assez piquant de voir ceux qui moquaient hier l’immaturité adolescente des écologistes s’indigner qu’ils prétendent désormais en sortir. Comme si les écologistes devaient respecter ad vitamaeternam une sorte de loi fondamentale qui leur dirait : «Vous êtes sympathiques et originaux, vous apportez un vent de fraîcheur bienvenu sur la politique, mais jamais vous n’exercerez le pouvoir». Les seuls qualifiés pour ça sont ceux qui l’ont déjà ou l’ont déjà eu. Ils nous ont conduits là où nous sommes ? Qu’importe ! C’est à eux qu’il revient de piocher dans votre projet - novateur mais dérangeant - une dose acceptable d’écologie. Des parlementaires ? Vous n’y pensez pas. Ce qui coule de source pour le PS et l’UMP sonne comme une revendication politicienne pour des écologistes.

Le même procès en illégitimité s’exerçait hier à l’endroit du PS, longtemps suspecté d’irresponsabilité ontologique. Bref, d’inaptitude à l’exercice. Les socialistes, depuis 1981, se sont libérés de ce soupçon. Les écologistes pas encore, malgré la légitimité acquise par leur travail dans les exécutifs locaux.

L’un des enjeux de 2012 est, selon moi, d’en finir avec cet interdit. Nous n’avons pas à nous excuser de prétendre à des responsabilités auxquelles d’autres auraient droit «naturellement». A dire vrai, là où des écologistes ont été appelés à participer à des gouvernements, ils se sont aussi bien que d’autres acquittés de la tâche, faisant preuve de clairvoyance et ne se laissant pas intimider par les lobbies qui sapent l’autorité publique ou par les retournements occasionnels des sondages d’opinion.

Second procès : les écologistes auraient échangé des centrales nucléaires contre des circonscriptions. C’est évidemment absurde. En vérité, ils ont gagné sur les deux tableaux. Sur la réorientation nette de la politique énergétique française, et sur une présence réelle à l’Assemblée nationale. Sur les engagements, et sur les moyens de veiller à leur application. Voilà ce qui agace à la fois toute la droite et ceux qui, à gauche, demeurent scotchés à un modèle en voie d’effondrement et à leurs alliances anciennes.

Que dit ce texte en matière nucléaire ? Que, d’ici à 2025, soit sur une période de treize ans, une majorité de la gauche et des écologistes fermeront vingt-quatre réacteurs nucléaires, «en commençant par l’arrêt immédiat de Fessenheim (Haut-Rhin) et ensuite des installations les plus vulnérables». Qu’aucun nouveau projet de réacteur ne sera initié. Que le projet d’EPR de Penly (Seine-Maritime) sera abandonné. Qu’une stratégie nationale pour l’efficacité énergétique visera à réduire la consommation d’électricité et, partant, les besoins de production électronucléaire. Vendus pour un plat de lentilles ? On ne voit pas bien, dans cette liste, ce qui pourrait justifier l’accusation. Au-delà de l’EPR de Flamanville, sur lequel les écologistes et les socialistes n’ont pu que «prendre acte» de leur désaccord, il s’agit bien de construire, sans parler dès aujourd’hui de «sortie du nucléaire», les conditions permettant d’y parvenir dans les faits.

Pour qui attache, comme moi, plus d’importance a la réalisation des choses maintenant qu’à la promesse de leur irruption magique sur la scène de l’histoire un jour, ce texte-là constitue un très solide point d’appui. Cela ne nous empêchera pas de poursuivre notre travail, plus que jamais nécessaire, pour convaincre nos partenaires qu’il faut arrêter la construction de l’EPR, pour des raisons de sûreté, de logique industrielle et de réalisme budgétaire, et convaincre la société française que non seulement on doit, mais on peut sortir du nucléaire, de manière responsable et raisonnable. Que ce choix sera bien plus créateur d’emplois - et d’emplois durables - que ne le sera jamais l’industrie nucléaire. Quoiqu’en dise Nicolas Sarkozy - et la voix du candidat UMP de demain, déjà, masque celle du président d’aujourd’hui - la sortie progressive du nucléaire ne débouchera ni sur un cataclysme économique ni sur un effondrement social, moins encore sur un retour à l’âge de pierre ! En anticipant des changements qui sont déjà à l’œuvre, en prenant acte de ce qu’une politique industrielle pour demain ne peut pas s’appuyer sur la nostalgie d’hier, il s’agit au contraire de préparer, pour les salariés du nucléaire, un autre destin que celui qui fut réservé, faute d’anticipation, faute de lucidité, aux sacrifiés de la sidérurgie.

La France est de plus en plus isolée dans le monde sur sa défense intransigeante de l’atome. Partout en Europe, on le sait : la raison n’est pas du côté de ceux qui réduisent un débat complexe à des caricatures outrancières, à des préjugés jamais questionnés. La brutalité sidérante des attaques présidentielles en dit long sur le désarroi de Nicolas Sarkozy et sur son incapacité à, simplement, ouvrir les yeux sur les faits. Dans la campagne présidentielle, Eva Joly portera cette nécessité d’aller plus loin, car le monde et l’économie de demain ne seront pas la répétition du monde et de l’économie d’hier. En proposant aux Français les solutions des écologistes, et en rappelant que, sans rien renier de nos convictions, nous sommes prêts, désormais, à gouverner, c’est-à-dire à mettre nous-mêmes en œuvre les politiques que nous proposons pour agir, vraiment, à la hauteur de l’époque.

mercredi 12 janvier 2011

Cécile Duflot : "Nous devons construire un programme de gouvernement écolo"


lemondefr_pet.bmp

12/01/2011

cecile-duflot-le-12-janvier-a-paris.jpg"2010 année de l'éclosion, 2011 année de l'enracinement." C'est par une métaphore jardinière que Cécile Duflot a présenté l'avenir d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à un an de la présidentielle, lors de ses vœux à la presse, mercredi 12 janvier.

La secrétaire nationale a confirmé que le nouveau parti écologiste lançait sa fondation avec Jean-Paul Besset à sa tête et qu'EELV tiendrait son congrès en mai juste avant la consultation pour désigner leur candidat ou candidate à la présidentielle.

Les détails et le calendrier seront arrêtés par le conseil fédéral du mouvement les 29 et 30 janvier.

2011 sera aussi l'année des cantonales où les écologistes présenteront des candidats dans "la quasi-totalité" des cantons, a précisé Mme Duflot. Il s'agit bien d'ancrer le mouvement et surtout de prouver sa force et la prégnance de ses idées avant d'entamer les négociations avec le PS sur le contrat pour 2012. Car c'est bien cet objectif que visent les écolos après leurs succès successifs aux élections européennes de 2009 et aux régionales en 2010.

"Nous allons continuer à parler à l'intelligence des citoyens en défendant un projet capable de penser la politique à moyen et long termes. Nous devons construire un programme de gouvernement écolo", a insisté l'élue régionale.


"UN PROJET AUTONOME À DÉFENDRE"


Les interrogations des socialistes sur l'opportunité d'une candidature écologiste à la présidentielle et les dangers que feraient courir ses divisions à la gauche la laissent de marbre. "C'est une élection pas facile pour nous, reconnaît-elle, mais c'est la seule où on peut parler d'un projet alternatif au niveau national." EELV ira donc sous ses couleurs.

Quelques pas plus loin, Yves Cochet, challenger d'Eva Joly à la désignation, est sur la même longueur d'ondes : "Nous allons nous rassembler à gauche pour le second tour, mais notre vision du monde n'est pas celle du PS", argumente le député de Paris. "Les écolos s'inscrivent dans une alternative de gauche au sarkozysme, mais ils ont un projet autonome à défendre", renchérit Noël Mamère, député de Gironde.

Autour du buffet, ses camarades, eux, se réjouissaient du dernier sondage favorable à Eva Joly. L'ex-magistrate est considérée comme la candidate potentielle à la présidentielle de 2012 la plus sincère, et serait, parmi trois responsables écologistes évoqués pour la présidentielle, "la plus à même de lutter contre la crise économique et financière".

Sylvia Zappi


samedi 13 novembre 2010

"La naissance des unis verts" (Libération)


LIBÉRATION, 13/11/2010
Europe Ecologie et les Verts fusionnent, samedi à Lyon, première étape d’un long chantier.
Par Matthieu Écoiffier

unis_verts.jpgSamedi, ce n’est pas seulement une fête qui a lieu à Lyon pour célébrer l’union des Verts et d’Europe Ecologie, assurent leurs leaders Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit. Mais «un moment un peu solennel. Le baptême d’une nouvelle force», assure Yannick Jadot, futur porte-parole du nouveau mouvement. Pour l’heure, le bébé écolo est encore tout fripé. Certains comme Gaby Cohn-Bendit lui trouvent même trop de ressemblance avec son géniteur Verts. Son poids reste fragile qui oscille entre 16,28% aux européennes de 2009 à 12% aux régionales de mars. Et il n’a pas encore de nom : ce sera aux 2 000 militants attendus samedi au palais des congrès de voter pour lui en donner un.

Il pourrait finalement porter celui de ses deux parents : «Europe Ecologie-les Verts». Pour ne froisser personne.

Reste que la présence à Lyon au-dessus du berceau de Nicolas Hulot, la bonne fée du Pacte écologique, est interprétée comme «un bon signal» par Duflot, candidate pour rester à la tête de la future direction. «Que Hulot vienne démontre qu’on a réussi. Beaucoup ont douté de notre capacité à aller jusqu’au bout du rassemblement et de l’importance de créer une force autonome. Hulot disait qu’il fallait que l’écologie soit partout, il constate qu’elle n’est pas au gouvernement», interprète Jadot. «Hulot est là, la directrice de sa fondation aussi, Serge Orru, le patron du WWF ou la sociologue Esther Benbassa. Nous avons un très beau tour de table», se félicite Jean-Vincent Placé, ex-numéro 2 des Verts. Autre présence de marque : Hélène Pelosse, experte des énergies renouvelables et ex-directrice adjointe de cabinet de Jean-Louis Borloo, chargée du dossier Copenhague. Mais pour conforter sa troisième place dans le paysage politique, trois défis attendent le mouvement de l’écologie.


Le défi de l’ouverture

Après avoir réussi à rassembler les familles de l’écologie, de l’altermondialiste José Bové au «ni droite ni gauche» d’Antoine Waechter - qui fera son grand come-back samedi -, tout en s’ouvrant au mouvement social d’Emmanuelle Cosse (ex-Act Up), au pédagogue Philippe Meirieu ou à la juge Laurence Vichnievsky, l’enjeu est de poursuivre cette «ouverture perpétuelle».«On a rassemblé la plupart des écologistes, nous devons rassembler au-delà. La transformation écologiste, ce n’est pas la lutte des classes : on n’y arrive pas en mobilisant une moitié de la société contre l’autre», martèle Daniel Cohn-Bendit.

Pour ce faire, le nouveau mouvement parie sur une formule originale avec d’un côté un parti et ses adhérents et de l’autre un réseau peuplé de «coopérateurs». Après un long bras de fer sur la répartition des pouvoirs entre adhérents et coopérateurs, le compromis validé à 85% par référendum par les Verts - condition de leur fusion dans le rassemblement - donne le droit aux coopérateurs, «rebutés par la tambouille interne» (selon Duflot), «de participer à la construction du programme et à la désignation du candidat à la présidentielle», indique le proche de Hulot, Jean-Paul Besset, pressenti pour présider le parlement du mouvement (lire ici). En avril-mai, un congrès sera organisé pour que les adhérents désignent leurs représentants dans les instances de direction. Les coopérateurs pourraient les rejoindre au même moment pour choisir entre Eva Joly et Yves Cochet, les deux candidats déclarés à la présidentielle. «Coupler les primaires et le congrès permettrait de se concentrer sur le projet», plaide Jadot. Mais Duflot «se demande si c’est le bon timing».


Le défi de l’autonomie face au Parti socialiste

Dans son manifeste, «EE-les Verts» ne «se définit pas par rapport à la gauche et à la droite», rappelle son coauteur Jean-Paul Besset. Pour l’eurodéputé, le mouvement écologiste ne fait pas partie de la maison commune de la gauche, mais compte bien entretenir des relations de bon voisinage avec le PS pour faire échec à Nicolas Sarkozy. A l’approche des cantonales de mars et des sénatoriales de septembre 2011, c’est mal parti : «On a un accord avec le PS dans trois départements sur 100», indique l’ex-Vert Jean-Marc Brulé. Après avoir tonné contre «les petites seigneuries locales du PS» dans le Monde et proclamé son objectif «de devenir majoritaire», Duflot va tenter de calmer le jeu à Lyon en se disant «convaincue de la nécessité de faire un accord avec le PS pour construire une alternative». Mais le désir d’émancipation titille EE-les Verts. Le nouveau mouvement peut être tenté de prendre exemple sur l’Allemagne, où les Grünen, désormais crédités de 24% dans les sondages, doivent leur progression au ralliement d’une partie des libéraux du FDP et d’une certaine frange des chrétiens-démocrates (CDU).

Le défi d’Eva Joly

«Deux électeurs sur cinq d’EE ne se considèrent pas de gauche», rappelle Denis Pingaud, vice-président d’OpinionWay, dont le dernier opus (1) projette les attentes de cet «électorat stratège et volage» pour 2012. «Il ne se satisfera pas d’un accord gauche plurielle pour quelques postes de ministres. Ses électeurs votent EE pour dire qu’il y a urgence écologique, mais aussi parce qu’ils veulent une autre manière de s’opposer à Sarkozy.» Bref, faire 7% dans la roue du PS, ou alors entre 12% et 15% et incarner l’urgence écologique, l’exigence éthique et sociale, «en s’affirmant comme meilleur que le PS pour rassembler au second tour», dixit Pingaud. Tel est le défi d’Eva Joly.


(1) "Europe Ecologie : électorat volage, électorat stratège". Ed. Fondation Jean-Jaurès

jeudi 11 novembre 2010

Tribune d’Eva Joly (Europe Ecologie) : «Refaire une civilisation»


10 novembre 2010 par Eva Joly

OFRTP-FRANCE-EUROPENNES-JOLY-20090601« Remettre au centre de la politique la poursuite du bien commun », en finir avec une présidence « oublieuse de l’intérêt général et de la parole donnée » : les propositions d’Eva Joly, députée européenne Europe Ecologie pour changer de modèle de développement.


Les Roms. Les retraites. Les biens mal acquis. A priori rapprochés uniquement par les hasards du calendrier, ces trois dossiers sont bien plus liés qu’ils ne le paraissent à première vue. Chacun apporte une nouvelle illustration de ce que le sarkozysme est une idéologie en faillite, comme le modèle de développement qu’il prétend promouvoir.

Les Roms, d’abord. Le Président de la République a beau prétendre le contraire, il ne sort pas grandi de son bras de fer avec les institutions européennes. Parce que sa politique à l’égard de cette partie de la population est bel et bien honteuse et discriminatoire ; et parce que le discours ambiant qui l’englobe, celui sur les « Français d’origine étrangère » et leurs tares supposées, est contraire à l’idée même de vivre ensemble et aux principes qui fondent l’Union européenne. Que la Commission européenne se soit jusque-là abstenue de déclencher une procédure contre la France suite à l’engagement de celle-ci de modifier sa législation, ce qui ne préjuge absolument pas de ce qu’il adviendra ensuite et prouve bien qu’il y a un problème, n’y change absolument rien. La Commissaire Reding a d’ailleurs rappelé récemment qu’elle restait particulièrement vigilante.

Les retraites, ensuite. Celles-ci sont désormais « réformées », en dépit de l’opposition massive des citoyens à ces mesures. Alors qu’il s’agissait d’opérer de véritables choix de société, qui engageront le pays pour de très nombreuses années et ses habitants pour le reste de leurs vies, aucune place n’a été laissée au débat ni à la négociation. Pour peu qu’on fasse remarquer à M. Sarkozy que ses décisions sont synonymes d’un renforcement de l’injustice sociale, puisqu’elles ne frapperont pas les catégories les plus aisées, qu’elles mettront les catégories plus faibles encore plus sous pression et qu’elles toucheront beaucoup plus les femmes que les hommes, il balaie ces observations d’un revers de main et impose tout de même selon son bon plaisir.

Quant à l’affaire des « biens mal acquis », à propos de laquelle la Cour de Cassation vient de rendre une décision retentissante, elle démontre à quel point certaines paroles prononcées un soir, place de la Concorde, avaient peu de valeur. Loin de mettre fin à la Françafrique et de faciliter la lutte contre les dictatures et contre l’accaparement des ressources des pays du sud, M. Sarkozy a contribué à les renforcer. Alors que des dispositifs auraient pu être introduits dans la législation française pour faciliter la poursuite de Chefs d’Etats étrangers soupçonnés de corruption et de détournements de fonds massifs, rien n’a été fait jusque-là. Alors que le parquet de Paris aurait pu, sur la base du travail réalisé par la police et certaines ONG, ouvrir une véritable enquête sur l’origine de la richesse des familles Obiang, Bongo et Nguesso, il n’a eu de cesse de s’y opposer. Il a fallu que ce soit la plus haute juridiction du pays qui tranche, hier, en faveur de l’ouverture d’une instruction. Une décision dont tous ceux qui s’attachent à la poursuite de la vérité et d’une plus grande justice ne peuvent que se réjouir ! C’est un très grand progrès que la Cour de Cassation, les associations à l’origine de cette affaire et leurs avocats viennent de rendre possible. Qu’ils aient dû agir contre la volonté de l’exécutif est de l’ordre de l’insupportable.

La société rêvée de M. Sarkozy n’est ni humaniste, ni inclusive ; elle est clivée autant qu’elle est clivante. Sa politique est oublieuse de l’intérêt général et de la parole donnée. Elle ignore toute modestie et n’est que dogmatisme et passage en force. Quel dommage que M. Sarkozy lise beaucoup moins Albert Camus qu’il n’en cite le nom ! Il saurait dans le cas contraire que le démocrate est par essence « celui qui admet qu’un adversaire peut avoir raison, qui le laisse donc s’exprimer et qui accepte de réfléchir à ses arguments ». M. Sarkozy ne doute jamais, il dicte toujours ; il ne dialogue avec personne, il parle avec lui-même, et confond en permanence la simplicité et la vulgarité, la République et la monarchie républicaine, la démocratie et l’oligarchie. En outre, en dépit des grands discours qu’il affectionne quand il est à l’étranger, il reste aveugle au cours des événements. Le bouleversement que représente le carrefour de crises au centre duquel nous nous trouvons – crise politique, crise écologique, crise économique et sociale - est pourtant désormais évident.

Notre modèle de développement actuel, basé sur la consommation toujours plus importante des ressources naturelles alors que nous savons depuis Eratosthène que nous vivons sur une planète ronde, et donc limitée, arrive en fin de course. Un milliard de personnes souffrent de la faim. La France vient d’enregistrer une nouvelle hausse du chômage – qui touche désormais, toutes catégories confondues, près de 4 millions de personnes. L’Union européenne et les Etats-Unis subissent une dégradation générale de la condition sociale, et des déficits publics désormais abyssaux. Même la Chine est en réalité bien plus fragile qu’il n’y paraît, entre une révolte sociale qui gronde de plus en plus et des bulles spéculatives qui menacent d’éclater. Quant à la « croissance » que beaucoup continuent d’invoquer comme une idole, non seulement elle n’est absolument pas synonyme de mieux être social, mais sa sacralisation a des effets destructeurs sur notre environnement. D’autant que la seule chose capable de la faire repartir aujourd’hui semble être la succession d’accidents industriels et de catastrophes écologiques, comme celle que vient de connaître la Hongrie. Suite aux opérations de nettoyage, à l’achat de matériel, à la reconstruction de bâtiments rendus nécessaires par la coulée de boue toxique, le pays enregistrera en effet quelques "progrès" dans son PIB. Mais ses habitants n’y trouveront pas leur compte pour autant, avec la perte de nombreuses vies humaines, la destruction de la biodiversité et la stérilisation des terres pour plusieurs décennies !

Face à cet aveuglement il est de la responsabilité de l’opposition, et en particulier des écologistes, de convaincre qu’une autre approche de la chose publique est possible. Qu’un autre projet politique est à portée de main. Plusieurs initiatives récentes vont dans cette direction, au niveau européen comme au niveau national.

Au niveau européen, c’est par exemple le lancement de l’Appel pour un « Greenpeace de la finance », à l’initiative de l’eurodéputé Pascal Canfin, qui vise à renforcer le rôle de la société civile, des organisations non gouvernementales et des syndicats dans les débats sur le système financier. Il n’est pas tolérable que les seuls « conseillers extérieurs » qui aient accès à M. Barroso, à M. Sarkozy et à leurs équipes soient précisément les dirigeants des grandes banques bénéficiant des fonds publics, après avoir mis le public dans la situation que nous connaissons.

Au niveau national, ce sont les Etats généraux de l’emploi et de l’écologie organisés par Europe Ecologie pour réfléchir, sur le long terme et avec l’ensemble citoyens et des partenaires sociaux, à la meilleure façon de mettre en place la transformation écologique et sociale de l’économie.

Il s’agit de renouer avec l’intelligence collective et de remettre au centre de la politique la poursuite du bien commun. Il s’agit d’inventer de nouvelles régulations pour interdire la spéculation sur les matières premières et garantir un accès aux ressources naturelles qui soit équitable et équilibré, pour remettre le système financier au service de l’économie réelle, pour mieux partager le travail et les richesses et trouver de nouveaux rythmes de fonctionnement. Il s’agit d’enclencher le mouvement vers une économie qui respecte l’environnement dans toutes ses composantes pour mieux servir l’humain. Il s’agit de retrouver le sens du collectif tout en donnant enfin à chacune et à chacun la possibilité d’œuvrer à son propre projet de vie.

Prendre l’homme tel qu’il existe réellement, c’est-à-dire comme une partie intégrante de son environnement. Voir le monde tel qu’il est vraiment, c’est-à-dire comme un ensemble complexe, fragile et vivant. Remettre la politique à la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter, c’est-à-dire au cœur de la société civile et du débat public. Ce sont là trois préalables nécessaires si nous voulons relever les défis qui se posent à nous et si nous voulons refaire une civilisation.Car c’est bien cela que nous avons à accomplir. Nous devons, aujourd’hui, refaire une civilisation.